Se libérer des circonstances pour aller de l'avant

Quand nous souffrons, nous cherchons presque toujours une cause extérieure pour l’expliquer. Et souvent, nous la trouvons. Le problème, c’est que cette explication ne change rien à ce que nous ressentons. En effet, ce qui nous fige n’est pas tant la situation elle-même que la posture que nous adoptons dans son contexte.

Quand l'explication enferme

Nous avons tous pensé à un moment avoir trouvé l’explication d’un mal-être, que ce soit par exemple un travail éreintant, une relation qui ne nous convient plus, ou encore un passé dont les conséquences perdurent. Souvent, parvenir à cette explication nous procure un soulagement immédiat : nous savons enfin pourquoi nous allons mal.

Cependant, ce soulagement est souvent tout aussi illusoire. Car une fois la cause nommée, nous restons précisément au même point. On a beau avoir compris, rien ne bouge. Pire : plus on y pense, plus on retourne la cause dans son esprit, plus elle prend de la place. Ce qui n’était peut-être qu’un malaise devient alors une rumination, une obsession, parfois même un obstacle infranchissable.

C'est le piège de l'explication extérieure. Nous nous employons à comprendre ce qui nous bloque pour mieux y rester fixés. Ce faisant, nous nous crispons et nous raidissons dans une posture de résistance. Nous combattons la situation, le collègue, l'ex-conjoint, la société… Ce combat nous enferme bien plus sûrement que la situation elle-même.

Ce n'est pas la situation, c'est la position

Imaginons deux personnes dans une même situation professionnelle difficile. L’une est tendue, irritable, épuisée. L’autre, stable et détendue. La différence n’est pas dans les circonstances — elles sont identiques. La différence réside dans la position intérieure que chacune occupe face à elles. C’est cette différence de position que nous résumons trop rapidement au caractère, aux prédispositions, à d’autres circonstances.

Quand nous sommes en résistance contre ce qui est, nous nous focalisons sur le problème et nous mettons en boucle. Notre perception se rétrécit, nos options s’amenuisent, et nous finissons par croire sincèrement qu’il n’y a pas d’issue. Ce n’est pas la situation qui nous enferme : c’est notre rigidité face à elle qui nous aliène.

À l’inverse, quand nous retrouvons une forme de présence détendue à nous-mêmes, quelque chose change indépendamment des circonstances. Ce n’est plus la situation qui importe mais la façon dont nous l’habitons. L’espace s’ouvre. Des possibilités occultées par les tensions se mettent à apparaître. Parfois, nous trouvons le mouvement permettant de quitter le status quo. Parfois, nous y demeurons mais avec plus de liberté. Dans les deux cas, la situation n’est plus une prison.

Le corps ne raisonne pas en termes de circonstances

Notre mental adore les circonstances. Il les classe, les évalue, les compare. Il construit des scénarios, cherche des responsables, élabore des stratégies. Notre corps fonctionne autrement. Il ne connaît ni les raisons ni les causes. Il connaît des tensions, des contractions, des blocages mais aussi des relâchements, des ouvertures, le mouvement.

C’est pourquoi l’accompagnement par l’hypnose ne porte pas sur les circonstances mais sur la posture que vous adoptez vis-à-vis d’elles. À partir du corps, il vous permet de passer de la contraction au relâchement, de la fixité au mouvement, de la résistance à l’ouverture.

En séance, il ne s’agit pas d’analyser votre situation ni de trouver ce qu’il faudrait changer à l’extérieur de vous. Il s’agit de créer les conditions pour que ce qui s’est figé en vous puisse se remettre en mouvement. Et quand le mouvement reprend à l’intérieur, le rapport aux circonstances extérieures se transforme de lui-même.

Se libérer, ce n'est pas fuir

Se libérer des circonstances ne signifie pas les nier ni les minimiser. Certaines circonstances sont réellement difficiles à vivre, certaines relations sont réellement toxiques, certains environnements sont réellement épuisants. Cependant, tant que nous restons dans un rapport de force à leur égard, nous nous privons de notre liberté d’action.

Se libérer, c’est retrouver cette liberté. C’est accueillir ce qui est là — la difficulté, la frustration, la peur, la colère, le doute — sans chercher à le combattre, pour découvrir que c’est précisément quand nous cessons de nous battre contre nos circonstances que nous retrouvons la capacité d’agir.

C’est un paradoxe qui surprend souvent en séance. On vient pour résoudre un problème extérieur, et c’est en se posant à l’intérieur de soi que les choses bougent. Non pas parce qu’on a trouvé la bonne stratégie, mais plutôt parce qu’on a retrouvé la souplesse nécessaire pour que le mouvement reprenne.

Les circonstances resteront peut-être les mêmes après la séance. Mais vous, vous ne serez plus au même endroit. Et c’est de là que tout commence.

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